Ceci n'est pas une fin

Ceci n'est pas une fin


oh et puis merde
çà ne devrait pas être si compliqué d'avoir à mettre le point final à ce méli-mélo dramatique de mots dits intellectualo-sentimentaux, maudit fratras de médiocre fatuité.
je vous avais préparé un joli petit texte, plein de points de virgules et de majuscules, un texte sur la solitude et sur ce que cela représente pour moi, et puis ce texte était tellement bien préparé qu'il m'ennuyait d'avance. Il puait l'encre sèche. J'avais assassiné ma spontanéité.
Alors c'est sur ce coup de tête mûrement réfléchi que je vous annonce officieusement ma candidature à l'oubli. Mouche aveuglée par le confort de la soie, je quitte le monde arachnéen par le miracle de la volonté. J'ai trouvé la sortie du labyrinthe de l'autodestruction.
Vous savez, j'ai pris plaisir à écrire ici, mais je n'en prends plus. Sauf ce soir. Je vous servais des orgasmes réchauffés, sans préliminaires, et çà sonnait faux comme un accord de jazz dans un morceau de Joy Division.
Maintenant il faut en finir avec toi, "hypocrite lecteur", il faut t'achever, de tendre le couteau et te laisser te transpercer dans la honte et l'opprobre. Je n'ai jamais su finir. Il faut pour finir la modération qu'il faut bannir au commencement. Faites trop court, et ce ne sera que frustration. Faites trop long, et ce ne sera que pathétique. Il faut savoir garder l'intensité dramatique qui ne sera ni indéterminée ni surdéterminée. C'est le jeu du "je t'aime moin non plus", du va-et-vient d'où il faut abolir l'excès. Alors soyons fougueux, "de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace", fuyons les rivages trop bien connus, écartons-nous de la facilité. Quelle bande d'idiots nous faisons, pétris d'habitude et de pérennité! Et pourtant nous sommes si enviables. "Ce serait amusant si la vie n'était pas sérieuse".
Je me suis appliqué, du moins autant que ma concentration et mon intérêt me l'ont permis, dans ce fouillis verbal où malgré moi vous veniez vous divertir du triste spectacle humain. Je n'ai jamais su vous faire fuir comme il le fallait, la laideur vous attire bien plus que la beauté de toute façon.
Maintenant il faut faire autre chose, quelque chose. "Quelque chose de beau, quelque chose d'utile, pour l'oiseau". Je te passe le bonjour, plaisir immodéré des citations, tu me manquais. Ne laissons-pas les mots moisir dans leur cage, faisons les voler, volons au creux de leurs ailes, errons à contresens.
Je n'aurais qu'une seule personne à remercier
C'est moi-même bien évidemment, car je suis seul
Et vous aussi
Mais nous nous croisons, et c'est parfois très agréable.
La chute approche, alors ne divaguons plus, soyons fous et sereins, quelques mots devraient suffir, encore quelques uns, et puis encore d'autres
Et puis trois petits points
Enfin
...


Photo : On/Off

New Ice Age - The Horrors
Batcat - Mogwai
Brakes on - Air


Et putain bougez-vous le cul bordel

# Posté le vendredi 19 juin 2009 20:33

Modifié le vendredi 19 juin 2009 20:52

The Words are dead

The Words are dead



Vous savez, c'est bientôt
la fin
Merci pour tout
Nous nous retrouverons peut-être
Pour une prochaine agonie virtuelle



Dumb - Nirvana
Image : Unplugged

# Posté le dimanche 07 juin 2009 14:07

Les Sentiers de la Gloire

Les Sentiers de la Gloire



*****Je me sens d'une inutilité déconcertante. J'ai raté le train de la mode et de l'avant-garde, je n'ai de longueur d'avance que dans le mauvais goût, voilà le résultat du manque de ponctualité et d'attention. A ne vouloir en faire qu'à sa tête, l'être humain transformé en loque pour l'occasion par ses propres soins ne s'exprime qu'à travers des filtres déjà connus, du moins pour ceux qui ont pris la peine de les connaître. J'ai dû me tromper de chemin, le mien est bordé de solitude et de succès faciles mais profondément inintéressants, de fils électriques qui ne mènent à aucune maison, de fossés où aucune eau ne coule, d'arbres où aucun oiseau ne chante. C'est un petit chemin simple mais lugubre, honnête mais sans vie, propre mais vicieux, un chemin qui ne mène nul part, un chemin de l'errance et du cadavre exquis, où chaque pas sert à créer involontairement la force qui fera faire le suivant, tout aussi hasardeux.
*****C'est en fait un chemin pour les doigts, un chemin où mes doigts sont sans cesse sur ces cordes tremblantes; au dessus du vide silencieux. Mes doigts d'acrobate, mes doigts d'angoisse et d'éphémère, mes doigts de guerrier funambule. Accrochés à la vie comme à un fil puissant et invisible, ils gambadent, virevoltent, s'étirent et se détruisent pour le bonheur de leur création anti-productive, pour la beauté du geste prométhéen.


Ambiances sombres, ruelles pavées où règne l'odeur d'urine et de vomis, marche sanglante et agitée devant le cri aigu du désespoir combattif. Itératif.




Mailman - The Jesus Lizard
Photo : High School Alcohol

# Posté le dimanche 31 mai 2009 19:17

De la capacité du corps à s'automutiler

De la capacité du corps à s'automutiler
Le seul moment où l'on aime est celui où l'on n'est pas dégoûté par la crasse physique. En temps normal, chacun déteste la sueur, les mauvaises odeurs, l'haleine putride...Prenez deux personnes qui s'aiment, elles pourront aisément supporter cela. Même quand vos mains collent au corps de l'autre, même quand chaque mouvement cause des souffrances à votre corps en détresse, si jamais le plaisir surpasse ces souffrances, et si l'esprit accepte de souffrir pour cela, alors vous êtes amoureux.
Essayez, vous verrez.

Même le pire des cyniques est l'homme le plus vulnérable du monde entre les bras d'une femme. Il y ressent à la fois toute sa souffrance et toute sa faiblesse. Chaque moment peut devenir pour lui le plus honteux qu'il ait jamais connu, ou le plus heureux. Il vacille allègremment entre les abîmes du plaisir et de l'amour-propre, et ces deux parties s'affrontent à mort dans des combats inégaux, se séparent parfois et font leurs horribles crimes voluptueux chacune de leur côté. Elles se dispersent et commettent les pires génocides de l'histoire humaine. Ce n'est pas la haine qui est la cause première, mais la frustration sexuelle. Hitler n'avait-il pas des problèlmes de "normalité" concernant ses rapports avec Eva Braun (en fait il y avait de fortes présemptions sur son homosexualité et sur une relation intime avec son photographe, ndla) ?
L'amour est le plus grand des crimes contre l'humanité


Trephination - The Jesus Lizard
Eichmann à Jerusalem - Hannah Arendt
Photo : Incendie céleste avec pointes qui viennent crever le ciel comme un ballon de baudruche vermillion
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# Posté le mardi 26 mai 2009 07:38

Modifié le dimanche 31 mai 2009 07:33

recyclage auditif

recyclage auditif

dpt 4 - microfilm

monkey trick - the jesus lizard

ares - bloc party

svefn-g-englar - sigur ros

manual for successful rioting - birdy nam nam

ulysses - franz ferdinand

kill the dancefloor -servo

immo vero - aNimus

afghan evasion - ez3kiel

rocky cat - guns of brixton



2ème session


skin blues - john frusciante

disorder - joy division

against the grain - unsane

a woman and a man walked by - pj harvey

controlling crowd - archive

moloko sound club - hushpuppies

gravity blues - black box revelation

mirror mirror - ghinzu

shoot shoot - stuck in the sound

olé - john coltrane

# Posté le vendredi 15 mai 2009 06:54

Modifié le lundi 25 mai 2009 14:11